La Cour

GRAND PALAIS, PARIS, NOVEMBER 7 – 11, 2018

La Cour est une œuvre née de la rencontre entre les artistes François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier, un espace plastique évolutif où l’esthétique de chacun se meut librement dans l’échange. Depuis quatre ans, François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier tissent un dialogue qui ne cesse de s’enrichir : La Cour capte une série d’expériences communes.

À Découvert, présenté lors des 10e Rencontres de la Photographie de Bamako au Mali marque le début de ce dialogue. La Biennale africaine de la Photographie, comme le Blabla Hippodrome où est présentée l’installation sont des lieux connecteurs d’idées et de gens. Pour les deux artistes, la photographie permet ici de jouer un double de la réalité : elle est un écran vers des possibles qu’il appartient au spectateur de questionner. La réflexion commune se prolonge avec l’exposition Lueurs Noires à la Galerie Cécile Fakhoury à Abidjan en 2016. Dans la pénombre de la galerie, François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier nous invitent à dépasser l’éclat de l’évidence pour emprunter les chemins de traverse de l’image qui, peut-être, déboucheront sur de nouvelles manières de voir et de regarder. En 2017, ils investissent le Cinéma El Hilal, Médina Coura, à Bamako. C’est la première apparition de La Cour où l’obscurité du cinéma se fait le lieu de tous les imaginaires. Dans le contexte trouble du Mali contemporain, François Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier s’interrogent alors sur le poids des rêves de la jeunesse d’aujourd’hui. Les murs du cinéma deviennent les interlocuteurs à part entière d’une discussion ouverte autour de la liberté d’expression, de l’art, de la politique, et sur la nécessité de rêver, d’inventer, de questionner, et des possibilités de le faire.

Aujourd’hui à Paris Photo, l’accrochage revêt les formes d’une étape synthétique : elle est un relais dans le mouvement originel d’une collaboration qui gagnera bientôt de nouveaux territoires, car La Cour se déploie, dans les déplacements de pays à continents, de circonstances à moments. Elle s’enrichit de la matière qui l’entoure, de l’in situ comme de l’occurrence.

Cécile Fakhoury

parisphoto.com